5 x 2 places pour les chants soufis d’un chœur de femmes de Chefchaouen

Samedi, septembre 2, 2017 - 21:00
Cathédrale de Tournai
Dans le cadre des Rencontres Inattendues : située dans le Nord du Maroc, sur les premiers contreforts de la chaîne montagneuse du Rif, la petite ville de Chefchaouen est le centre d’une tradition musicale et poétique riche et 
diversifiée. L’une de ses expressions les plus remarquables s’est cristallisée dans une forme particulière appelée hadra. La hadra, littéralement : « présence », est un rituel qui se pratique dans le contexte spirituel des assemblées des confréries religieuses rattachées au soufisme. Elle comporte des invocations, des louanges et des prières chantées, dont la finalité est de parvenir à un certain état d’extase (wajd).

Les paroles des chants sont des poèmes en arabe provenant soit de la tradition familiale des Bekkali, soit du répertoire soufi des chants de sama‘ composés par des maîtres de la tradition classique arabo-andalouse, tels que Ali al-Halabi, Abu Mohammed al-Harraq ou al-Shushatri.

Lors de la hadra, les chanteuses sont vêtues du costume traditionnel de fête des femmes rifaines. Une partie d’entre elles sont assises par terre en demi-cercle et certaines jouent de différents tambours (bendir, darbuka, tabl, tar, ta’rija) ; les autres se tiennent debout et chantent en frappant des mains, se balançant tantôt de gauche à droite, tantôt d’avant en arrière, selon les techniques d’extase – à peine stylisées – de la hadra des femmes. Quant à la soliste (munshida) Sana Kallouche, dotée d’une très belle voix, elle cisèle à merveille l’ornementation de mélodies dont la teneur est assurée par un chœur féminin très homogène. 
Elle chante parfois aussi en solo, a cappella ou discrètement 
accompagnée au ‘oud’ par Rahoum Bekkali.

La hadra des femmes de Chefchaouen fascine autant par ses textes poétiques et ses mélodies que par la beauté de ses formes plastiques et chorégraphiques de toute beauté. Débutant sur un tempo lent et majestueux, la hadra intègre progressivement des mouvements rythmiques qui prennent de plus en plus de vivacité avec les percussions et les youyous des femmes, pour atteindre son apogée avec cette sorte d’extase, qui constitue 
l’essence de la hadra.

 

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